Montpellier a accueilli le congrès international 2026 de la Society for Ethnobotany
Du 31 mai au 4 juin 2026, Montpellier a accueilli le congrès annuel international de la Society for Ethnobotany (SEB), réunissant plus de 230 participant·es originaires de 42 pays autour du thème « Undisciplined Ethnobotany ».




Pendant cinq jours, chercheur·euses, artistes, scientifiques, designers, activistes et praticien·nes ont exploré les multiples relations entre plantes, sociétés et territoires à travers une programmation transdisciplinaire mêlant sciences, arts et écologies contemporaines. Les échanges ont porté sur les plantes médicinales et les médecines traditionnelles, les systèmes alimentaires et l’agroécologie, les savoirs autochtones et les approches décoloniales, ainsi que les liens entre ethnobotanique, design, architecture et cultures matérielles.
Réparti entre plusieurs lieux emblématiques de Montpellier, notamment l’Institut de Botanique, le Jardin des Plantes, la Maison des Sciences de l’Homme Sud, la Faculté de Pharmacie et le MO.CO. Panacée, le congrès a proposé plus d’une centaine de communications scientifiques, des ateliers, des tables rondes, des projections, des performances artistiques et des excursions de terrain en Occitanie.
Les conférences plénières ont été assurées par Sandrine Gallois (Institut Botànic de Barcelona), spécialiste des savoirs écologiques autochtones en Amazonie, Darío Iza (Kitu Kara Indigenous Nation, Ecuador), Kenza Benabderrazik (ETH Zürich, Switzerland), chercheuse en ethnobotanique urbaine et en patrimoine bioculturel, et Xiaoyue Li (Southern Methodist University, USA), dont les recherches portent sur les relations entre savoirs écologiques, pratiques culturelles et transformations environnementales contemporaines.
Une programmation ouverte au public
Le congrès s’est également ouvert au grand public à travers plusieurs événements. Les 2 et 3 juin, une exposition internationale présentée à l’Orangerie du Jardin des Plantes a réuni huit artistes internationaux autour des relations entre humains et monde végétal, avec des œuvres mêlant installation, textile, son, vidéo et performance. La scénographie était conçue par le studio montpelliérain Heim+Viladrich.
La cérémonie d’ouverture, organisée le 31 mai à l’Institut de Botanique Charles Flahault, a réuni Claire Hart, vice-présidente de Montpellier Méditerranée Métropole déléguée au rayonnement international, Jean-Paul Cristol, vice-président exécutif de l’Université de Montpellier chargé des relations de recherche avec les institutions de santé, et Sonia Peter, présidente de la Society for Ethnobotany, qui ont officiellement inauguré cette édition 2026 du congrès.
Le 3 juin, le congrès a également accueilli la remise du Distinguished Ethnobotanist Award à l’ethnobotaniste Tinde van Andel, suivie d’une soirée de clôture au MO.CO. Panacée, mêlant gastronomie locale et programmation musicale.
Temps forts à la Faculté de Pharmacie
La Faculté de Pharmacie a constitué l’un des principaux pôles du congrès. En plus des sessions scientifiques et des ateliers organisés sur place le 3 juin, elle a accueilli la table ronde organisée dans le cadre historique du Droguier. Modérée par Alexandra Strelcova (Haenke), la discussion a réuni Cassandra Quave (Emory University), Kenneth Otero Walker (New York Botanical Garden) et Mark Nesbitt (Royal Botanic Gardens, Kew) autour des enjeux décoloniaux des collections de materia medica, de leur potentiel comme lieux de réparation, de continuité culturelle, de préservation de la biodiversité et d’échange de savoirs plus-qu’humains.
La Faculté de Pharmacie a également accueilli une rencontre internationale consacrée aux collections bioculturelles, animée par Jan Salick, offrant un espace d’échange entre responsables de collections, chercheur·euses et professionnel·les du patrimoine autour des défis contemporains liés à la conservation, à la documentation et à l’avenir des collections ethnobotaniques.
Ces événements, organisés en collaboration avec Haenke et la Chaire du Droguier de la Faculté de Pharmacie de l’Université de Montpellier, ont renforcé la dimension interdisciplinaire du congrès en créant un dialogue entre patrimoine scientifique, recherche contemporaine et pratiques muséales critiques.
Montpellier, capitale internationale de l’ethnobotanique
En accueillant cette édition 2026, Montpellier a confirmé son rôle de pôle international de recherche sur les relations entre humains et plantes. Ville marquée par une longue tradition botanique et médicale, elle a offert un cadre particulièrement propice aux dialogues entre disciplines, institutions et pratiques de terrain.
Le congrès était coorganisé par la Society for Ethnobotany, l’Université de Montpellier, l’IRD, le CIRAD, le CNRS et la Maison des Sciences de l’Homme Sud, avec le soutien de nombreux partenaires locaux, nationaux et internationaux.
L’édition 2026 a témoigné de l’intérêt croissant pour une ethnobotanique ouverte, collaborative et attentive aux enjeux contemporains, faisant dialoguer recherche scientifique, création artistique, savoirs locaux et engagement écologique.